lundi 10 août 2009

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la vie soudain me titanise,
me souffle des charades à sa guise,
me renverse les lunettes, gâteau sur cerise,
me tournoie à jamais dans sa bise.

mercredi 22 juillet 2009

Le soleil de midi me suit.

Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Je ne me lève plus. Je ne me couche plus. Je me cache sous des lunettes noirs et un chapeau de paille. Mais il n’arrête pas de me suivre. Il me suit tel mon ombre. Pourtant, à midi, les ombres n’existent plus. Il me brûle les poumons avec sa chaude insistance. Il me cuit la peau avec sa radiante verticalité. Il me suit sans se lasser. Je transpire, je fonds, je me liquéfie et puis m’évapore. Et il me suit toujours. J’opte pour un parapluie, plutôt un parasol. Ile me retrouve. Partout. Détecte mes moindres mouvements, mes moindres changements.

J’avais damné le nuage gris qui hantait ma vie pour trop longtemps, il clame. Et voici mon cadeau de retour. Le retour vers une vie aussi aveuglante que des miroirs sous un soleil de midi. J’avais cherché midi à 14h pour trop longtemps, il clame. Et voici midi qui me retrouve et me suit a 14h, à 16h, à 21h, n’importe.
Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Le soleil de midi n’a aucun romantisme mythique. Rond. Jaune. Brûlant. Point à la ligne. Il ne se lève plus. Il ne se couche plus. Sa rondeur n’a rien à voir avec la magie d’une lune complète. Son jaune ne peut même pas être admiré. Il me suit, tel une seconde tête. Ruminant, rigolant. Un cas de cuisson risible. Je m’étouffe. Je m’écrase.

Je me révolte.

Je le regarde plein le visage. Il m’aveugle. J’enlève mes lunettes. Je monte tous les escaliers de la ville. Je m’approche de lui jusqu’à le toucher. La paille s’enflamme. J’enlève mon chapeau. J’enlève tous mes habits. Je me tiens nue et aveugle devant le soleil. Et j’attends. J’attends, j’attends, j’attends. Je ne me transforme pas en cendres. Je ne fonds pas non plus. Je ne brûle pas. Je ne sens même plus sa chaleur. Immunité solaire totale. Sans écran, sans lunettes, sans aucune protection. Totale. A force de vivre intensément, rien ne nous touche plus. Même les émotions possèdent une date d’expiration. Et même le soleil ne salivera pas le goût de sa vengeance. L’indifférence est l’écran le plus efficace. Contre tout.

Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Je m’en fous.

dimanche 29 mars 2009

dessein.

Relier tous les points qui nous ont mené ici, tels ces jeux d’enfants auxquels on s’amusait même s’il on savait l’éventuel dessin qu’allait former cette suite logique de chiffres. Il n’y a pas de labyrinthes ici, il n’y a pas de bifurcations infinies qui nous invitent à errer loin du but. Non. Un seul et unique chemin, ramifié tout au long des années peut-être mais dont l’acheminement a été toujours le même. Vers ici. Vers maintenant. Vers nous. Je colorierai volontiers cette route, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, même si en rétrospective, elle ne paraît qu’en noir et blanc. Mais la mémoire est sélective et la sélectivité erronée. Entourer d’un cercle tous les événements qui nous ont marqué, qui nous ont peint tel que l’on est et marquer d’un grand X toutes les errances dont on fut victimes. Tout s’efface, tout se casse, face à l’inévitable. Rêver et rallumer les désirs qu’on a laissé tomber, les nous qu’on a tués. C’est maintenant la réanimation, la résurrection. C’est maintenant les dernières touches de ce dessin enfantin, en pointillés, en rayures, en courbes et en lignes droites. C’est maintenant que tout reprend son sens sous la loupe qui décorait les coins de nos règles. C’est maintenant que toutes les gommes aux odeurs des fleurs perdent toute fonction. C’est maintenant que les taille-crayons ne taillent plus que pour les détails les plus insignifiants. C’est maintenant que se forme en toute gloire le dessin de notre dessein.

vendredi 20 mars 2009

surréagisme.

Sirènes qui se rongent, à pleines dents, dans la haine
pétrissent puis fleurissent d'autant de peine,
reculent les mardis plats de chaque semaine,
refusent toutes ces allergies qui se déchainent.

Fourmis qui saisissent le secret de l'univers,
à petits pas, à petites morsures, échappent au mystère.
Fourmis qui fournissent sermons à tort et à travers,
creusent la graine apocalyptique dans leur fourmilière.

Mégots qui s'accumulent aux pieds d'une inertie,
en tapis, en pentes, en mots, en micro-vides facis,
mémoires d'une passion qui brulait sans répit par ici,
poudre grise, poudre blanche, foudre noire, épilepsie.

lundi 8 décembre 2008

in.sens.é

Je voudrais être unique au monde comme si rien n’était déjà là quand je suis venue dans cette existence. Comme si la bougie qui s’est allumée la veille de ma naissance était faite des essences des étoiles. Comme si chaque cerveau qui ruminait ce qu’il ruminait à la seconde même de mon premier cri avait, pour cette fraction de seconde, arrêté de penser pour m’infliger et m’inspirer toutes les unicités qui rendront mon soupir aussi unique qu’unique l’est.
Je vous aime tous. Je vous adore tous. Même si je ne l’exprime pas assez. Les mots exprimés, les mots, dès qu’ils échappent au papier, dès qu’ils échappent à la pensée, perdent leur substance et leur sens. Et pourtant, on ne peut pas laisser nos mots a nous-même. Nos oreilles en ont un besoin vital. Même si l’ouie les rend illusoires, même si l’ouie les rend moins réels et presque optionnels. On peut choisir d’y croire comme de ne pas y croire. Mais sur papier, mais dans le cœur, leur intensité se multiplie par l’infini. Il faut qu’il y ait un autre moyen de communication que celui du bouche-à-oreille. Le bouche-à-oreille est beaucoup trop léger pour toute la gravité que peut porter une pensée, un sentiment. C’est une vraie perte de puissance, de richesse. Ca fait mal.
Je pense au toucher. Je te touche et j’y mets tous les sentiments que je couve au fond de moi et j’espère que tu attraperas, pendant ce frêle frôlement de corps, que tu attraperas ce qui échappe aux mots parlés, à toutes ces structures inépuisablement manipulés de toutes les façons possibles, tous ces compléments d’objet directs et indirects, ces circonstanciels de lieu, de temps, du passé et du cœur. Je prie que tu attraperas ce qui échappe à l’ouie, que tu inhaleras ce simple geste physique par tous tes sens sauf l’ouie.
En vain.
Le toucher appartient tellement à ce monde que sa futilité devient presque intouchable. Je te frôle de la même façon que te frôlent des dizaines d’autres mains dans une seule journée. Mes sens se tuent à la quête de tes sens et ne retrouvent q’un vide insensé. Sens-tu ce surplus de parfum que je ne vaporise que pour toi ? Tes yeux, ne plongent-ils pas assez dans mes yeux pour retrouver les flammes qui se nourrissent à chaque regard, à chaque murmure, à chaque arôme, à chaque contact ?
Ne reste qu’un seul sens, qui risque à son tour de perdre toute valeur. Ne reste qu’un seul sens qui puisse te parvenir ces sous-entendus. Un seul sens. Prendrai-je le risque ?