lundi 15 mars 2010

Il faudrait apprendre.

Il faudrait apprendre que nos priorités sont nos priorités et qu'il ne faut jamais les changer pour n'importe qui.

Il faudrait apprendre que l'amour d'un vrai ami est le seul sur lequel on pourra compter pour toujours.

Il faudrait apprendre que l'identité n'est qu'une illusion, qu'il ne faut pas s'obséder à etre soi-meme ni à etre ce que l'autre désire que l'on soit. Il faut justement etre.

Il faudrait apprendre que notre intuition ne nous triche pas, que s'il y a quelque chose qui cloche ce n'est pas une idée qu'on se fait. Il y a vraiment quelque chose qui cloche.

Il faudrait apprendre que quand il y a quelque chose qui cloche, cela ne vas pas tarder à nous assourdir et qu'il vaut mieux agir tot que tard.

Il faudrait apprendre que l'amour est non mérité, qu'il existe ou n'existe pas, que tout l'effort qu'on peut faire pour le mériter peut bien s'évaporer en une seconde.

Il faudrait apprendre que c'est cet effort qui rend la séparation insupportable. On se sent essouflé, piégé, drainé... pour rien.

Il faudrait apprendre que ceci s'applique sur tout effort dans la vie, non seulement celui que l'on fait pour l'amour.

Il faudrait apprendre que l'espoir ne sert qu'à trainer les choses, qu'il s'avèrera déplacé, à chaque fois.

Il faudrait apprendre qu'etre honnete, présent, ouvert et transparent ne marche pas, que c'est plutot les tactiques diaboliques des magazines qui feront l'effet et que ces tactiques doivent, avec le temps, vous venir naturellement, sinon, elles aussi ne marcheront pas.

Il faudrait apprendre qu'on peut bien rigoler, prendre tout à la légère, on ne fait que tarder le vertige de la chute vers la lourdeur.

Il faudrait apprendre que s'aimer soi-meme remplacerait bien l'amour de l'autre. D'ailleurs on ne cherche l'amour de l'autre que pour pouvoir s'aimer soi-meme.

Il faudrait apprendre que si on ne partage pas les soucis qu'on se fait par peur d'effrayer l'autre, on finira toujours par l'effrayer parce que ces soucis trouveront les pires manières de se manifester.

Il faudrait apprendre que rien ne vaut vraiment la peine qu'on se donne et que l'autre ne se sentira jamais concerné.

Il faudrait apprendre que s'aimer soi-meme, c'est apprécier son propre bonheur, et que celui-là n'est jamais à compromettre ni à sacrifier.

P.S. Il faudrait apprendre comment mettre des accents circonflexes sur ce sacré mac et trouver un autre temps que le conditionnel pour cet 'Il faudrait apprendre'.

mardi 26 janvier 2010

n'importe.

Je me ralentis à observer les plus mauvaises habitudes qui sèment, par ci et par là, leurs maladifs déchets. Je les observe qui se noient dans les serrures des cerveaux. Je les vois s’anéantir dans les agaçants miroirs du futur. Je les sens des narines, les inhale tel les pollens microscopiques qui nourrissent mon for intérieur pourri. Je ne veux plus être le récepteur. Je veux être le parasite qui vit et survit des autres. Je veux être les déchets que tout le monde essaie de s’en débarrasser sans même recycler. Je m’éloigne, loin aussi loin du but, aussi loin, dans toutes les directions, les axes, les dimensions. Je deviens bidimensionnelle, plate, réduite à une ligne, parfois même à quelques points. Je deviens illisible à votre monde en 3D, incompréhensible. Je passe par tous les trous, toutes les barrières, je m’y glisse. Je vous déteste. Je vous haie. L’insipide vérité qui vous entoure. Je la touche, la sens, la vois. Tel des amas de planètes infiniment petites qui vous entourent et dessinent autour de vous des milliers et des milliers de lignes qui arrivent finalement à la perfection géométrique d’une toile d’araignée, qui vous embellit la vie, qui vous facilite la fin de la fin, qui vous suit comme votre aura, qui vous suffoque un sourire au visage. Les images sur ma rétine me déracine et m’envoie dans une chute interminable vers un inconnu inévitable. Je lutte et je chute. Y en a pas des toiles d’araignées qui ralentiront mon choc, mon échec. Je vous déteste avec vos espoirs, vos sourires, vos ambitions, vos croyances. L’estomac qui tourne. Je vous déteste.

jeudi 19 novembre 2009

art des gens.

Ce n'est qu'avec une lamentable excuse qu'il arriva à sortir de son propre trou. Il s'est dit que tout dans ce monde est supposé être lucratif. L’argent fait tourner le monde, non? Ce n'est pas des gravitations universelles ni quelconques autres lois scientifique de magnétisme, de pesanteur, de relativité ou de n’importe quoi. Non, c’est l’argent. C’est l’argent qui fait que le soleil se lève chaque matin. Pensez-y. Pour les pauvres, le soleil est à jamais couchant. C’est l'argent qui fait que tout se colle à cette terre. Si, si et voici le raisonnement qui le prouve. L’argent donne du poids à tout, plus c'est cher plus c'est pesant. Plus c'est pesant moins c'est léger et apte à s'envoler dans l'indemne espace. C’est de la pure logique ce langage. Même l'exception à la règle le valide. Plus c'est cher plus c’est garantie qu'une fusée conquiert l'espace. De même, c'est l’argent qui fait toute la relativité, restreinte ou élargie, de notre planète. L’importance de l'individu, son appartenance, son existence-même sont relatifs à son compte bancaire. Son insertion sociale, son apte intelligence, son savoir-faire-et-vivre sont directement proportionnelle aux richesses qu'ils possèdent. Non, non messieurs n’essayez même pas de le désavouer. Ce cher camarade camarde a passé assez de temps reclus, exclu et perclus dans son trou pour réaliser l'infime vérité. Ça l'a rendu infirme pour un certain moment mais rien, camarades, rien n'est plus puissant que ces réalisations qui vous viennent à l'esprit effet tonnerre/éclair. Une assourdissante brièveté peut vous changer la vie.
Et ainsi, d'un saut aussi léger que celui d'un pauvre, il réussit à sortir de son trou. Maudite légèreté de l'esprit. Qui se pense-t-il pour vouloir fuir aux lois universelles? L’argent fait tourner le monde et fait tourner sa tête. Dorénavant, la chasse au trésor commence. Tout ce qui brille est d'or. Tous ceux qui brillent de l'âme ont tort. Consciences massacrés à tort et à travers. Et vous voici offert, sur un plateau en argent, le passeport universel de survie…et de remords.

lundi 10 août 2009

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la vie soudain me titanise,
me souffle des charades à sa guise,
me renverse les lunettes, gâteau sur cerise,
me tournoie à jamais dans sa bise.

mercredi 22 juillet 2009

Le soleil de midi me suit.

Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Je ne me lève plus. Je ne me couche plus. Je me cache sous des lunettes noirs et un chapeau de paille. Mais il n’arrête pas de me suivre. Il me suit tel mon ombre. Pourtant, à midi, les ombres n’existent plus. Il me brûle les poumons avec sa chaude insistance. Il me cuit la peau avec sa radiante verticalité. Il me suit sans se lasser. Je transpire, je fonds, je me liquéfie et puis m’évapore. Et il me suit toujours. J’opte pour un parapluie, plutôt un parasol. Ile me retrouve. Partout. Détecte mes moindres mouvements, mes moindres changements.

J’avais damné le nuage gris qui hantait ma vie pour trop longtemps, il clame. Et voici mon cadeau de retour. Le retour vers une vie aussi aveuglante que des miroirs sous un soleil de midi. J’avais cherché midi à 14h pour trop longtemps, il clame. Et voici midi qui me retrouve et me suit a 14h, à 16h, à 21h, n’importe.
Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Le soleil de midi n’a aucun romantisme mythique. Rond. Jaune. Brûlant. Point à la ligne. Il ne se lève plus. Il ne se couche plus. Sa rondeur n’a rien à voir avec la magie d’une lune complète. Son jaune ne peut même pas être admiré. Il me suit, tel une seconde tête. Ruminant, rigolant. Un cas de cuisson risible. Je m’étouffe. Je m’écrase.

Je me révolte.

Je le regarde plein le visage. Il m’aveugle. J’enlève mes lunettes. Je monte tous les escaliers de la ville. Je m’approche de lui jusqu’à le toucher. La paille s’enflamme. J’enlève mon chapeau. J’enlève tous mes habits. Je me tiens nue et aveugle devant le soleil. Et j’attends. J’attends, j’attends, j’attends. Je ne me transforme pas en cendres. Je ne fonds pas non plus. Je ne brûle pas. Je ne sens même plus sa chaleur. Immunité solaire totale. Sans écran, sans lunettes, sans aucune protection. Totale. A force de vivre intensément, rien ne nous touche plus. Même les émotions possèdent une date d’expiration. Et même le soleil ne salivera pas le goût de sa vengeance. L’indifférence est l’écran le plus efficace. Contre tout.

Le soleil de midi me suit à toute heure de la journée. Je m’en fous.