dimanche 10 août 2008

l é g è r e t é .

Je crois que j'ai eu assez de m'attacher à la pesanteur comme repère de valorisation de la vie. Tout ce qui est lourd ne donne pas nécessairement le sens à la vie. Tout ce qui est réelle ne donne pas nécessairement une finalité à la vie.

Je crois que je me sens enfin à l'aise dans la légèreté. Je n'ai pas à porter tant de fardeaux sur mes épaules pour que je sois considérée 'vivante'. Cela me parait plus claire à présent. La légèreter ne me tuerait pas. L'illusion et l'insignifiance peuvent être assez amusants à vivre. Et moi, je m'amuse et je m'y sens bien pour une fois.

Oui. Je crois vraiment que je pourrais m'habituer à vivre dans toutes ces illusions que je me crée et que je m'en fiche. Le réel, je le laisse pour après. L'après viendra seule. La liberté ne pèse pas. Et moi, je ne veux que ça, la liberté.

J'ai l'impression que je vole. Dans des sentiments mensongers, passagers mais très très agréables. Que désirer de plus que l'agréable?


"Le plus lourd fardeau nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous presse contre le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corp mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l'image du plus intense accomplissement vital. Plus lours est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie."
- Kundera, L'insountenable légèreté de l'être.

Je crois qu'au fil des siècles, on n'est plus tellement fan de "missionnaire".

vendredi 1 août 2008

random.

se glisser
sur les palissades
de l'oubli.
se réveiller
aux catonnades
de l'écrit.
grimper
les balustrades
vers l'infini.
voler
les promenades
de minuit.

samedi 19 juillet 2008

requiem d'un amour.

On s'entend
et on ressent
nos mots s'élargir
puis se rétrécir
vers l'éternel horizon
des tombes d'émotions.

On se regarde
et on bavarde
de tous ces soucis
qui nous ont mené ici
qui nous ont sans cesse rongé
qui nous ont sans cesse plongé
dans l'étroitesse de nos coeurs
loin des aromes des fleurs.

On s'étreint
par peur que ne s'éteint
la flamme qui nourissait
notre amour qui pourissait.

On ferme les yeux
aux souvenirs heuruex
et on compte les heures
qui nous séparent du malheur
du dernier baiser
des regrets embrasés.

Je serre fort
mes draps d'or
pour que ne finisse
ces saveurs d'anis,
je compte au ralenti
les secondes vers l'oubli,
je me fâche
et je m'attache
à la brève consolation
des rêves et des illusions.

Tu m'aimes
dans mon sommeil,
je t'aime
dans mon réveil...

Je me jette et j'essaye
de tomber dans tes ailes
où ces deux mondes
ne sont
que pareils.

samedi 12 juillet 2008

avec le temps..

Avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
on oublie le visage et l'on oublie la voix
le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
l'autre qu'on devinait au détour d'un regard
entre les mots, entre les lignes et sous le fard
d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
avec le temps tout s'évanouit

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
à la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
avec le temps, va, tout va bien

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
on oublie les passions et l'on oublie les voix
qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment
avec le temps on n'aime plus

jeudi 12 juin 2008

J'attends.

Je me replie et me déplie.
Je me tend et j'attends.
J'allume et j'assume.
Je dévie, de toi, ma vie.
Je retiens et je reviens.
Toujours.
La même voix,
m'appelle,
vers la même voie.
Je regrette et je fête.
L'amour perdu.
L'amour pendu.
Tu me soutiens,
et je feins
que tout ira bien.
Je crains la fin,
de la fin.
Je te crève,
et je rêve,
que tu deferles,
tels des perles,
vers le fond de mon abîme,
me projetant vers les cimes
des cimes de mon âme,
léchant les lames
de mes blessures
en verdure.
Je te veux et je t'en veux.
Je pardonne et je donne.
Tout.
Partout.
Je suis tienne,
à l'ancienne.
Je me tends et j'attends.
et j'attends.
et j'attends.